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| PNO HARMO BASS HISTR LOSTR FLUT BRASS TIMPAN CC TEMPO @LENGL@TCes gens-là@TJacques Brel
D'abord, d'abord, y a l'aîné Lui qu'est comme un melon, Lui qui a un gros nez, Lui qui sait plus son nom, Monsieur, tellement qui boit Ou tellement qu'il a bu... Qui fait rien de ses dix doigts, Mais lui qui n'en peut plus Lui qui est complètement cuit Et qui s'prend pour le roi ! Qui se saoule toutes les nuits Avec du mauvais vin Mais qu'on r'trouve matin, Dans l'église, qui roupille, Raide comme une saillie Blanc comme un cierge de Pâques... Et qui balbutie Et qui a l'oeil qui divague... Faut vous dire Monsieur Que chez ces gens-là, On n'pense pas ! Monsieur, On n'pense pas, on prie ! Et puis, y a l'autre, Des carottes dans les cheveux Qu'a jamais vu un peigne Qu'est méchant comme une teigne Même qu'il donnerait sa chemise A des pauvres gens heureux, Qui a marié la Denise, Une fille de la ville Enfin, d'une autre ville Et que c'est pas fini Qui fait ses p'tites affaires Avec son p'tit chapeau Avec son p'tit manteau Avec sa p'tite auto Qu'aimerait bien avoir l'air, Mais qui n'a pas l'air du tout ! Faut pas jouer les riches Quand on n'a pas le sou... Faut vous dire, Monsieur, Que, chez ces gens-là, On n'vit pas...Monsieur, On n'vit pas : on triche ! Et puis, y a les autres... La mère qui n'dit rien Ou bien n'importe quoi. Et du soir au matin, Sous sa belle gueule d'apôtre Et dans son cadre en bois, y a la moustache du père Qu'est mort d'une glissade Et qui regarde son troupeau Bouffer la soupe froide... Et ça fait des grands flchss... Et ça fait des grands flchss... Et puis, y a la toute vieille, Qu'en finit pas de vibrer Et qu'on attend qu'elle crève Vu que c'est elle qu'a l'oseille Et qu'on écoute même pas Ce que ses pauvr's mains racontent... Faut vous dire, Monsieur, Que chez ces gens-là, On n'cause pas, Monsieur, On n'cause pas, on compte ! Et puis... et puis, Et puis, il y a Frida Qu'est belle comme un soleil Et qui m'aime pareil Que moi j'aime Frida. Même qu'on se dit souvent Qu'on aura une maison Avec des tas de fenêtres, Avec presque pas de murs Et qu'on vivra dedans Et qu'il fera bon y être Et que si c'est pas sûr, C'est quand même -peut-être- Parc'que les autres veul'nt pas... Parc' que les autres veul'nt pas... Les autr's, ils disent comme ça Qu'elle est trop belle pour moi, Que je suis tout juste bon A égorger les chats ! J'ai jamais tué d'chats Ou alors, y a longtemps Ou bien, j'ai oublié Ou ils sentaient pas bon Enfin, ils ne veulent pas... Parfois, quand on se voit, Semblant que c'est pas exprès, Avec ses yeux mouillants, Elle dit qu'elle partira. Elle dit qu'elle me suivra... Alors, pour un instant, Pour un instant seulement, Alors, moi, je la crois, Monsieur, Pour un instant.... Pour un instant seul'ment... Parce que chez ces gens-là, Monsieur, on ne s'en va pas, On ne s'en va pas, Monsieur, On ne s'en va pas... Mais il est tard, Monsieur, Il faut que je rentre ... chez moi... |