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| Dans mon coeur tambour, il y'aura toujours Un batt'ment pour la ville que j'ai tant aimée. Je m'souviens des jours où je séchais les cours: On jouait au ballon dans le chantier. On rentrait le soir en courant sous la pluie Et, pareille à l'eau d'la fontaine au bout du square, S'écoula ma vie, et mes jours et mes nuits Dans la ville que j'aimais tant. Des matins d'orage, la sirène du barrage Appelait à l'ouvrage les femmes de la cité Et les hommes au chômage tenaient le ménage, Préparaient aux enfants leur goûter. La vie était dure, pas de pain dans le four, Mais ils regardaient droit devant et sans murmure. Comme des vautours ils veillaient sur leurs tours De la ville que j'aimais tant. Il y'avait dans l'air comme un hymne, un air, Une chanson poitrinaire qui montait d'l'arsenal.Je n'etais pas peu fier l'jour d'mon premier salaire Quand je jouais d'la guitare dans les bals. Ainsi passait ma jeunesse, et pour dire le moins, Je ne chantais pas ou en montant dans l'express Ainsi passait ma jeunesse, Hm... Dans la ville que j'aimais tant. Quand j'm'en suis retourne apres bien des annees, Les yeux m'ont brule d'voir ma ville a genoux, Les tanks, les blindes, les cafes bombardés Et dans l'air, cette odeur de brisé L'armée a mis ses feux sur le vieux chantier Et ces maudits, maudits remparts d'barbelés! Qu'ont-ils faits, mon Dieu, les véterans et les bleus De la ville que j'aimais tant? Et passe, passe le temps et passent les ans. Au loin, dans le vent, sont envolés mes r'grets. Le feu et l'sang sont rentrés dans les rangs, Et j'espère ne les revoir jamais. Mais toi, mon petit frère, qui n'a pas connu ça, Tes pistolets de plastique tes sabres de bois, Range-les au vestiaire: on n'joue pas à la guerre Dans la ville que j'aime tant !... |
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75.00
Date de modification:
2011
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